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Pour quelle raison le règlement des séances manquées en psychothérapie et psychanalyse ?

Sophie Bourguignon

Sophie Bourguignon

Psychothérapeute Paris 20

Diplômée en psychologie clinique à l’Université Paris 7, je vous reçois pour une psychothérapie ou une psychanalyse dans mon cabinet situé au 8 rue de Buzenval, dans le 20ème arrondissement de Paris.

Pour quelle raison le règlement des séances manquées en psychothérapie et psychanalyse ?

Sophie Bourguignon

A Paris le 7 juillet 2025

« Quand on respecte rigoureusement cette disposition, il s’avère par contre que les empêchements fortuits ne se présentent pas du tout et que les affections intercurrentes ne sont que très rares. »[1]

Lorsque Sigmund Freud écrit son article Sur l’engagement du traitement, publié en 1913, il donne l’indication aux médecins et psychanalystes de demander aux patients qu’ils reçoivent de régler les séances pour lesquelles ils ne viennent pas.

Il avance deux arguments :

  • les annulations occasionnelles et récurrentes freinent les cures
  • les possibles difficultés matérielles du médecin en cas d’absence du patient.

Cette seconde raison n’est pas un motif valable au regard de l’éthique du clinicien et de la position qu’il occupe. Un clinicien n’a pas à attendre le règlement d’une séance manquée pour assoir sa situation financière. Le règlement des séances manquées n’est pas là pour l’enrichir mais pour aider l’être qui vient le consulter à construire son désir en maintenant son engagement vis-à-vis de lui-même.

Il n’est pas rare que cette règle déclenche passion, sentiment d’injustice, colère, sentiment de duperie, voire dans certains cas, abandon de la cure. Ceci en fait un moment délicat de la cure, c’est pour cela que de nombreux cliniciens l’évitent ou l’appliquent partiellement, ce qui revient au même.

Lorsqu’une haine est réveillée, avec l’aide du transfert, le clinicien doit supporter ce mouvement et inviter l’être à l’associer librement pour qu’il puisse apprendre quelque chose sur lui-même.  L’intention n’est pas de faire souffrir l’être, mais de permettre d’ouvrir une voie où sa haine et l’objet de sa haine sera dite et non pas agie sous forme de symptômes, de retards au travail, de culpabilité, de maladie, etc. Le travail continue pour le patient, même si celui-ci loupe une séance. Ce règlement permet de ne pas rompre le fil du travail et d’en payer le prix fort, avec des symptômes psychiques, corporels voire organiques.

Lorsque ce moment est traversé, les êtres témoignent plus facilement des effets pour eux :

« J’ai moins de problème avec mes collègues depuis que je règle les séances manquées, j’ai appris à arriver à l’heure »

« J’en ai vu des psychologues avant, ils ne m’ont jamais demandé ça, et j’étais toujours en mode dilettante, un jour oui, un jour non, pas envie, chaud, mal à la tête… en fait, je ne prenais pas au sérieux mes propres problèmes et surtout que le fait de les résoudre passait par mon propre engagement ! »

Cette règle introduit la notion de perte puis la castration symbolique permettant le manque nécessaire à l’avancée d’un cure psychanalytique ou psychothérapeutique. Elle a une valeur clinique et une visée thérapeutique. Inviter le patient ou le psychanalysant à la suivre relève d’une position éthique. Celle-ci est de favoriser l’avancée de l’être dans sa vie et son apaisement et non de continuer à nourrir les symptômes.


[1] Freud, S. (1913). « Sur l’engagement du traitement », in Œuvres Complètes Vol. XII, Paris, PUF, 2018, p. 167.

Sophie Bourguignon

Sophie Bourguignon

Psychothérapeute Paris 20

Diplômée en psychologie clinique à l’Université Paris 7, je vous reçois pour une psychothérapie ou une psychanalyse dans mon cabinet situé au 8 rue de Buzenval, dans le 20ème arrondissement de Paris.